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Un élément clé de notre patrimoine, la croix-ès-Riou

 

Au bord de la route entre Pleurtuit et le Minihic, à La Peyronnais, il est une croix toute simple et rustique, qu’on distingue à peine des ronces et orties. Nul ornement ni inscription, une taille très fruste et un emplacement ordinaire ne la mettent pas en valeur.

C’est pourtant un des emblèmes les plus anciens du patrimoine de nos communes qui pourrait dater du VIème ou VIIème siècle. Elle marquerait ainsi l’avancée de l’évangélisation conduite alors par Saint-Lunaire et ses compagnons à partir de l’an 535 entre Rance et Frémur. L’Armorique avait alors été dévastée pendant deux siècles par les sinistres Saxons. Ne trouvant plus rien à prendre sur la zone littorale, ils finirent par cesser leurs incursions et abandonnèrent ce rivage désormais sans habitants, sans habitation et sans culture, devenu désert après la florissante période gallo-romaine.

C’est alors que les Bretons arrivèrent par bandes, dirigées par des moines, les saints populaires de Bretagne, qui apportèrent leur église et leurs coutumes et érigèrent des monastères.

Saint-Lunaire était l’un d’eux et la Croix-ès-Rioux en serait un souvenir ? Il s’agit d’une croix réalisée dans une grande dalle mince de schiste, appelée palis, de taille difficile qui lui donne cet aspect fruste. Utilisées auparavant pour dresser des alignements mégalithiques ou en couvrir les dolmens, plus tard, ils servirent à faire les sols, les murs ou les toits des habitations.

S’agit-il d’un réemploi, d’une de ces grandes dalles, placée à la croisée d’anciennes voies gauloises et romaines ? De la cité d’Aleth, elles menaient à Corseul, capitale des Curiosolites, et à Léhon, après avoir franchi la Rance au gué proche de La Passagère à Jouvente.

 

En la découvrant, ce sont les racines très profondes de notre histoire, la décadence et la renaissance de notre civilisation, et les sources mêmes de notre foi et de notre baptême que nous contemplons. Admirons et laissons-nous toucher.