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        "Nous sommes une religion de la paix et de l’amour réels"

"Nous sommes une religion de la paix et de l’amour réels"

Extraits de l’homélie de Monseigneur Luc Ravel, évêques aux armées, lors de la messe du dimanche 15 novembre, à l’intention des victimes des attentats


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  • 24 novembre 2015
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... La Bible, l’Eglise parlent de la guerre. Nous sommes une religion de la paix, de l’amour mais nous sommes une religion de la paix et de l’amour réels, réalistes. Quand il pleut dehors, il pleut et le chrétien dit : « il pleut » ; quand il fait soleil dehors, le chrétien dit : « il fait soleil ». Nous ne sommes pas comme les idoles, qui ont des oreilles pour entendre et n’entendent pas, des yeux pour voir et qui ne voient pas.
Nous ne sommes donc pas la religion de la paix rêvée, de l’amour drogué, c’est-à-dire, qui nous plongeraient dans un monde de songes que, seul, le réveil peut fracasser.

Nous sommes la religion de la paix et de l’amour qui parlent, aussi, de la guerre, de la faim, de la maladie, de la violence. Les textes du jour, que nous n’avons pas changés, parlent de violences cataclysmiques. On nous en fait souvent le reproche. Aujourd’hui, la bien-pensance n’accepte pas la guerre, la réalité de la guerre, le fait que la guerre soit là, terrible, effroyablement douloureuse ! Nous n’avons pas à laisser de côté notre christianisme, au contraire ! Ces prochaines années ou ces prochaines décennies – c’est-à-dire le temps que durera la guerre qui nous est faite – nous avons à devenir plus chrétiens, à laisser de côté nos addictions, par exemple, l’addiction de l’irénisme, de la quiétude qui, pendant soixante-dix ans, a permis de vivre (presque) tranquillement sur notre sol métropolitain, avec une présence de violence lointaine,
éloignée, perçue uniquement par les medias et par les pauvres militaires qui reviennent des théâtres de guerre !

Aujourd’hui, nous avons la tâche de devenir davantage chrétiens parce que, dans la Bible, dans la tradition de l’Eglise, nous avons trouvé une paix concrète, un amour réaliste qui parlent de la violence. Qui énoncent, par exemple, ces trois fléaux qui atteignent le monde et la France, que sont, dans le langage apocalyptique, le cheval noir de la guerre, le cheval vert de la peste - des maladies endémiques - et le cheval rouge de la famine. Nous avions cru pouvoir nous exonérer de ces trois fléaux par la technologie et les avancées scientifiques, par la déclaration répétitive, incantatoire des droits de l’homme. Rien n’est moins assuré pour la bible : ce n’est pas la technologie qui sauvera l’homme ! Et, il semble même que ce Christ, qui nous a sauvé et qui vient pour nous sauver encore, reviendra faire son apparition dans la gloire, comme à chaque seconde du temps, au cœur de la violence : non pas après la
mise sous tutelle de la violence et de la guerre mais au sein de cette violence qu’il combat par sa mort d’amour.... La violence humaine existe. Nous avons à la prendre en compte dans des cœurs sauvés par l’Amour, nous allons finir de briser les illusions du progrès et nous allons rentrer dans des démarches où nous allons vivre, autrement, l’amour et la paix.

L’homme peut vivre dans des états différents. Il va nous falloir ensemble – ensemble - réapprendre à vivre dans un état de guerre. Nos grands-parents, nos parents même ont appris à vivre en état de guerre. Tout est modifié : le droit, notre façon de vivre, peut-être, de nous déplacer dans le métro ou dans les villes ; tout va être modifié ! C’est une évidence !... Mais j’ai confiance. Nous autres, chrétiens, soyons les premiers acteurs de cette façon de vivre en guerre, non pas sous le joug de la haine et de la violence ou de l’intolérance, mais dans une structure différente, qu’elle soit légale, sociale, psychologique mais aussi spirituelle. Au début de la messe, nous
avons chanté que nous sommes des hommes libres. Ces prochains mois, nous allons valider, ensemble, notre christianisme. Pouvons-nous vivre libres, aimant, heureux sous le joug de la guerre ?

+Luc RAVEL

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